Position du SER

CONTRE l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions »

Réuni en Assemblée des délégué∙es le 9 mai 2026 à Martigny, le Syndicat des Enseignant∙es Romand∙es (SER) a décidé, à l’unanimité des délégué∙es présent∙es, de s’opposer à l’initiative dite « du chaos » de l’UDC.

Alors que les écoles font déjà face à une pénurie préoccupante de personnel enseignant, cette initiative ne résout absolument aucun des problèmes rencontrés sur le terrain. Elle n’apporte aucune réponse au manque de personnel qualifié, à la surcharge de travail des enseignant∙es, à l’augmentation des besoins éducatifs particuliers ou encore à la dégradation des conditions d’enseignement. Au contraire : elle aggravera une situation déjà sous forte tension.

Aujourd’hui, les écoles suisses — tant au niveau obligatoire que postobligatoire — dépendent aussi de nombreux∙ses enseignant∙es qualifié∙es venant de l’étranger avec des diplômes reconnus par la CDIP. Cette réalité est particulièrement marquée dans certains domaines comme les mathématiques, les sciences naturelles, les langues ou l’enseignement spécialisé, où les besoins sont importants et durables. En restreignant fortement les possibilités de recrutement, l’initiative rendrait plus difficile le pourvoi de nombreux postes vacants. Les conséquences seraient immédiates : davantage de classes sans personnel stable, multiplication des remplacements précaires, augmentation de la charge de travail pour les équipes en place et détérioration des conditions d’apprentissage des élèves.

Le SER alerte également sur les risques pour la formation professionnelle. Le système dual suisse repose sur un équilibre fragile entre écoles professionnelles, entreprises formatrices et personnel qualifié. Affaiblir les possibilités de recrutement mettrait directement en danger la qualité de l’encadrement des apprenti∙es ainsi que l’efficacité d’un modèle de formation pourtant reconnu bien au-delà des frontières suisses.

Pour le SER, garantir une école publique de qualité nécessite des équipes pédagogiques stables, qualifiées et suffisamment nombreuses. Cette initiative va exactement dans la direction inverse. Elle fragilise les écoles, accentue les difficultés de recrutement et met en péril la capacité du système éducatif à répondre durablement aux besoins des élèves.

Les enseignant∙es de Suisse romande refusent une initiative qui créerait davantage de difficultés dans les écoles sans apporter de réponses concrètes aux problématiques rencontrées sur le terrain.

C’est pourquoi le SER appelle les citoyen∙nes à rejeter cette initiative en votant NON.

Martigny, le 19 mai 2026