COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT DES FÉDÉRATIONS FAÎTIÈRES LCH, SER, VISENTI ET CLACESO

PISA 2025: des résultats solides, des écarts qui inquiètent

Les quatre organisations faîtières nationales du corps enseignant (LCH, SER) et des directions d’établissement (VISENTI, CLACESO) se réjouissent des bons résultats obtenus par les élèves lors de l’enquête PISA 2025 en sciences de la nature, en résolution de problèmes et en mathématiques. Elles y voient un témoignage de la qualité de l’enseignement. Dans le même temps, l’écart croissant entre les élèves les plus performants et les plus fragiles préoccupe vivement les faîtières : près d’un tiers des jeunes n’atteint pas les compétences fondamentales en lecture. Les organisations y voient la conséquence directe de profondes mutations sociétales et technologiques, que l’école ne peut pas amortir seule. Afin de garantir à tous les jeunes des chances équitables de formation et d’avenir professionnel, il est essentiel de réduire l’influence de l’origine sociale et linguistique sur la réussite scolaire, une responsabilité qui incombe à l’ensemble des acteurs de l’éducation. Les causes de ces disparités doivent être analysées par une recherche scientifique indépendante et appeler une action politique déterminée.

1. Des résultats convaincants: reconnaître le travail des écoles et des élèves

Les élèves de Suisse se maintiennent dans le top 20 mondial dans l’ensemble des domaines évalués et dépassent nettement la moyenne de l’OCDE. En sciences de la nature, le niveau de performance reste stable et élevé depuis dix ans, sans disparité entre les genres. En résolution de problèmes, la Suisse occupe la deuxième place au niveau européen, juste derrière l’Estonie. En mathématiques, elle continue d’appartenir au groupe de tête de l’ensemble des pays occidentaux ; la part des jeunes atteignant le niveau d’excellence le plus élevé est presque deux fois supérieure à la moyenne de l’OCDE. Ces résultats confirment la qualité élevée de l’école obligatoire suisse et sont également le résultat du grand engagement des enseignants et des directions d’établissement. PISA 2025 confirme qu’une gestion de classe professionnelle et un enseignement de haute qualité constituent des leviers essentiels pour la réussite des apprentissages. Cela confirme le besoin d’enseignantes, d’enseignants et de spécialistes qualifiés disposant de suffisamment de temps pour un soutien individuel ciblé.

2. Écarts croissants: mettre en œuvre des mesures efficaces pour l’équité scolaire

Au-delà de ces bons résultats, PISA 2025 met en lumière une évolution divergente très préoccupante : près d’un tiers des jeunes n’atteint pas les compétences fondamentales en lecture, et près d’un quart en mathématiques. PISA 2025 démontre une fois de plus à quel point la réussite scolaire en Suisse reste tributaire de l’origine sociale, du parcours migratoire et de la première langue parlée. Les élèves issus du quart socio-économiquement le plus modeste courent un risque trois fois supérieur de ne pas acquérir les compétences fondamentales. Une véritable équité dans l’éducation exige un soutien ciblé pour les élèves défavorisés : par le développement généralisé de l’encouragement précoce du langage avant l’entrée à l’école, des structures d’accueil extrascolaires avec un appui aux devoirs et des filières de formation perméables. Le soutien linguistique pour élèves allophones (cours de français langue seconde) et l’appui d’équipes pluridisciplinaires doivent être ancrés dans tous les degrés scolaires, et ce jusqu’au degré secondaire II.

3. IA et esprit critique: des risques accrus pour l’équité scolaire

PISA met en évidence un autre facteur déterminant : l’utilisation de l’intelligence artificielle peut renforcer les inégalités éducatives si les élèves ne disposent pas des mêmes conditions d’accès et d’accompagnement. C’est pourquoi les associations militent en faveur d’outils d’apprentissage de l’IA sûrs, spécialement conçus pour être utilisés dans les écoles. Les élèves ont besoin d’un accompagnement pédagogique par des professionnelles etprofessionnels qualifiés, afin d’apprendre à utiliser ces outils de manière réfléchie, à en évaluer les résultats et à développer leur esprit critique. L’enjeu n’est pas de faire à la place de l’élève, mais de faire de l’IA un outil au service de ses apprentissages.

4. Comprendre pour agir: étudier les causes des disparités

Les disparités majeures constatées dans PISA soulèvent des questions fondamentales. Depuis 2015, un recul continu des performances est observé en lecture et en mathématiques, tant au niveau national qu’international. Sur les dix dernières années, les compétences des jeunes de Suisse dans ces deux domaines ont reculé de l’équivalent d’une année de scolarité, une érosion qui contraste avec la stabilité observée en sciences de la nature. Ni l’OCDE ni le monde scientifique ne connaissent précisément les causes de cette évolution défavorable. Les quatre fédérations faîtières demandent à la Confédération et aux cantons de financer une recherche scientifique sur les causes de ce phénomène.

RENSEIGNEMENTS:

LCH (Dachverband Lehrerinnen und Lehrer Schweiz): Dagmar Rösler, Präsidentin, d.roesler@LCH.ch

SER (Syndicat des Enseignant·es Romand·es): David Rey, président, d.rey@le-ser.ch

VISENTI (Verband Schulführung Schweiz): Thomas Minder, Präsident, thomas.minder@visenti.ch

CLACESO (Conférence latine des chef.fe.s d’établissements de la scolarité obligatoire): Simon Lagger, président, simon.lagger@vd.ch