GREVE DE LA FONCTION PUBLIQUE DES 2-3 et 4 JUIN
Le Cartel intersyndical des employé-e-s de la fonction publique et du secteur subventionné reconduit sa grève contre le projet de budget 2026 bis, qui ne prend toujours pas en compte l’annuité, l’indexation et un nombre suffisant de postes de terrain. Cette grève s’inscrit également contre la politique d’austérité du plan financier quadriennal 2026-2029 ainsi que les mesures d’économie contre les conditions de travail et d’atteinte aux prestations à la population qui seraient tirée du plan de mesure « EcoGE ».
Pour rappel, l’addition du manque d’annuité 2026 et de l’indexation manquante depuis 2021, font perdre de 3,1 à 5,1% de salaire au personnel (2,16% d’indexation manquante pour les employé-e-s qui ont atteint les 22 annuités).
Pour les postes manquants, quelques exemples :
➢ Police judiciaire : il manque 1 à 3 postes à plein temps pour chaque brigade
➢ HUG : en raison du manque d’effectifs, les planificateur.trice.s n’arrivent pas à planifier les vacances et les temps de formation convenablement. De même, les pauses ne sont pas toujours prises en raison du manque de personnel.
➢ Hospice Général : l’action sociale compte 344 travailleur-euse-s social-aux. Pour qu’il puisse respecter les recommandations de la Conférence Suisse d’Action Sociale sur lesquelles se basent la cour des comptes, il manque 137 postes. Ainsi, les employé-e-s traitent 100 dossiers par ETP, alors qu’ils devraient en avoir 60 maximum
➢ SPMI : il manque 25 intervenant-e-s pour la protection de l’enfance.
POURQUOI 3 JOURS ?
Parce que l’austérité est bien là : après avoir construit un déficit budgétaire en raison de baisses d’impôt successives proposées à la population, tout en promettant « que les prestations ne seraient pas touchées », le Conseil d’Etat, mis sous pression par la majorité de droite du Grand Conseil, mandate un groupe d’experts pour trouver des économies, dont l’inventaire est digne d’un poème à la Prévert. Or cet inventaire contient des aberrations (en quoi la formation des médecins confiées à l’université serait une « économie » ? Quelles économies en ce qui concerne le budget de l’animation-FASe confié aux communes ? Est-ce que la raison serait d’en profiter pour baisser tous les salaires des animateur-ices et moniteur-ices ?).
Par ailleurs, cet inventaire ne contient aucune recette fiscale sérieuse (une seule mesure sur les dividendes des actionnaires à la banque cantonale), et même des recettes sur le dos des plus précaires (par exemple, l’augmentation du forfait de 25.–, pour celles et ceux qui ne payent pas d’impôts en raison de leur trop faible revenu ou via la hausse de certains émoluments et tarifs des EMS et IMAD).
LA LUTTE PAYE….MAIS C’EST LOIN D’ETRE SUFFISANT !
Le Conseil d’Etat a promis au Cartel intersyndical que l’annuité 2027 serait accordée. Mais comme le Grand Conseil refuse déjà le PB26bis dans laquelle l’annuité ne figure pas, il est tout à fait possible qu’il fasse de l’annuité un casus belli, et qu’il refuse le budget 2027 cet automne, ce qui forcerait le Conseil d’Etat à raboter à nouveau sur les salaires.
Par l’augmentation du nombre d’élèves par classe (mis en œuvre d’un élève en plus dans les classes d’accueil, un élève de plus dans les classes du Cycle d’Orientation prévu dans son plan financier quadriennal), le temps de travail des enseignant-e-s est déjà en train d’augmenter !
DERNIERE NOUVELLE – Nouvelle tentative de hausse des cotisations de la CPEG (et par répercussion, sur caisse TPG et caisse police ?). Après l’échec de la hausse des cotisations pour les nouvelles personnes engagées des caisses de la fonction publique, un très ancien Projet de Loi (PL 11 548) pour une hausse générale des cotisations des employé-e-s de 51,5% de la CPEG est en vote ce jeudi 4 juin au Grand Conseil (passage d’un rapport de 33/66 à 50/50 pour la part employ-e-s / employeur). Cette augmentation correspond à une diminution jusqu’à – 12% du salaire net actuel (selon rapport du PL 12 548, p.241 « 4ème partie, impact pour les assuré-e-s »). Le Cartel refuse cette perte énorme sur le salaire, qui de plus, fragiliserait l’équilibre des caisses par l’augmentation des Prestations de Libres Passages à verser lors des départs.
AUX DEGRADATIONS DES CONDITIONS DE TRAVAIL S’AJOUTENT CELLES DES PRESTATIONS A LA POPULATION
Le Cartel intersyndical est extrêmement sensible et inquiet concernant les prestations à la population qui pourraient être touchées par des mesures évoquées dans le plan « EcoGE » : il rejète la mesure consistant à augmenter les chambres à deux lits en EMS, alors que tout a été fait pour les supprimer, tout comme la suppression de la gratuité des TPG, la diminution des subsides LAMAL ou la prise en compte du temps de travail dans le calcul du RDU.
Dans sa décision du mercredi 27 mai, le Conseil d’Etat a commencé à reprendre le pouvoir d’achat qu’il a donné aux genevois ! En réduisant la déduction fiscale pour les primes d’assurances maladies, il réhausse les impôts d’une part importante de la population.
Pour les fonctionnaires, c’est la quadruple peine : pas de respect des mécanismes salariaux, baisse supplémentaire du pouvoir d’achat par l’augmentation des cotisations 2ème pilier, baisse des subsides pour celles et ceux qui en bénéficient, et une hausse des impôts par la réduction des déductions fiscales.