Mémo | Les épreuves cantonales de fin de
cycles
Débattu au Conseil Représentatif du
19.03.01
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De mémoire d'enseignant, les
élèves de sixième année ont toujours
été soumis à des épreuves cantonales,
préparées par une commission ad hoc (didacticiens,
formateurs, inspecteurs, enseignants ou encore SRP). Les
résultats, sous forme de notes, étaient
mélangés à l'évaluation du dernier
trimestre et inscrits dans une case particulière à la
fin du livret scolaire.
Dans le cadre des nouvelles pratiques qui vont se
mettre en place à l'école primaire (évaluation
bilan de type qualitatif, présentation et négociation
sur la base de ces bilans entre les équipes EP-CO), il
convient d'interroger de façon critique ces évaluations
"normatives" tant dans leur finalité que dans leurs effets
pour l'élève.
Des finalités
différentes
Selon l'angle d'où l'on regarde, des
évaluations "externes" et "normées" peuvent poursuivre
trois finalités distinctes, parfois difficile à
distinguer dans la pratique :
1. Prendre connaissance de ce que les
élèves, dans leur globalité et à un
certain moment de l'histoire, connaissent et maîtrisent,
comment ils agissent dans diverses circonstances scolaires, pour
fixer une sorte d'image de l'écolier genevois qui aura 8 ou 12
ans en 2000 ou 2015. Observer s'il y a des différences
significatives par rapport à 10 ou 25 ans en arrière,
si les mesures prises à large échelle ont donné
les effets voulus, si des caractéristiques sociologiques,
géographiques,
ont des incidences sur les
capacités et les maîtrises.
2. Renvoyer aux établissement et aux
équipes d'enseignants un feed-back sur les effets de leur
enseignement en fonction d'attentes ± normées afin qu'ils
opèrent des régulations, ceci dans le but de renforcer
la cohérence et l'équité entre les
établissements scolaires.
3. Procéder à une évaluation
normative des performances individuelles de chaque
élève dans les différentes disciplines et situer
chacun d'eux sur une échelle de valeurs (score, rang sur 100,
note, % de réussite
)
Ces trois orientations peuvent paraître
légitimes, mais il est dangereux voire impossible de cumuler
plusieurs fonctions/finalités dans le même instrument.
La SPG estime nécessaire de concevoir des instruments et des
traitements différents.
Propositions :
1. Faire appel au SRED. Pour définir
l'image de l'écolier genevois, le SRED est tout à fait
habilité à proposer une évaluation vraiment
"externe".
- Il n'est pas nécessaire que cette
"évaluation-système" soit opérée
chaque année, elle doit s'inscrire sur la durée
(suivre toute une cohorte aux moments clefs de la
scolarité, par exemple en troisième année de
chaque cycle pour ne prêter à aucune confusion). Les
résultats doivent être traités au niveau du
Département et des instances concernées et nourrir
le débat de fond sur l'avenir de l'Ecole.
- La SPG demande à recevoir les
informations du SRED et pouvoir en débattre sereinement
avec l'institution avant que la presse et le politique ne s'en
emparent.
2. Faire appel aux services de didactiques et de
pédagogie pour aider les équipes enseignantes à
"maintenir le cap" et réguler leur enseignement.
- Il convient que les services de didactiques et
de pédagogie générale (SEDEV) mettent
à disposition des instruments bien construits
centrés sur les attentes de fin de cycle (par exemple sous
forme d'activités d'enseignement-évaluation, sans se
restreindre aux tests papier-crayon). Ces instruments seraient
testés et affinés avec l'aide des enseignants, et
accompagnés de "grilles de lecture" aidant les
équipes de cycles à interpréter correctement
les résultats de leurs élèves.
- Les enseignants devront
régulièrement utiliser en cours de cycle et si
possible pour chaque discipline, les instruments fournis qui leur
paraissent les mieux adaptés à leur situation. Sur
la base des résultats, ils décideront des
aménagements et des dispositions à prendre pour que
chaque élève satisfasse aux attentes de fin de
cycle. Les dispositifs ou instances en charge du rendre compte des
établissements (observatoire, inspecteurs, SRED
)
auront accès à ces données.
- Les enseignants pourront intégrer
également ces travaux dans leurs dossiers pour informer les
familles (bilans, entretiens) mais n'inscriront pas ces
résultats de façon particulière dans les
documents officiels.
3. Supprimer complètement et
définitivement la note en fin de Cycle 2. Discuter et
définir ensemble les dispositions les plus adéquates
lors de la transition EP/CO.
- Nous le répétons, un score, une
note, un chiffre, inscrits de manière normative dans le
livret scolaire ne peuvent rendre compte d'un ensemble de
compétences, mais seulement d'une performance restreinte,
à un moment imposé, dans des conditions qui
n'offrent que rarement les meilleures garanties de
réussite.
- Un bilan qualitatif basé autant sur des
observations répétées et sur des auto- ou
co-évaluations que sur des performances uniques donne une
bien meilleure image des apprentissages et des maîtrises. On
ne peut réduire une qualité à une
quantité.
- L'inscription de tels résultats
normatifs dans un livret risque de peser aussi lourd voire
davantage que le bilan de l'équipe d'enseignants lors du
passage au Cycle d'Orientation. Elle disqualifie dans les faits le
travail et le "jugement professionnel" des équipes. Il
convient plutôt d'encourager les enseignants du Cycle 2 et
ceux du Cycle 3 (CO) à discuter et à définir
ensemble les dispositions les plus adéquates lors de la
transition, et ceci dans l'intérêt de tous les
élèves
même et surtout avec la
généralisation de la 7e
hétérogène !
4. Suspendre la participation de la SPG à
la construction des épreuves cantonales.
- Dans ces conditions, il est légitime
que la SPG ne délègue pas/plus d'enseignants dans
les groupes de travail qui élaborent les épreuves,
tant que le cadre général de l'évaluation
"externe" et les négociations annoncées à
propos du nouveau livret scolaire ne soient acquis.
- Sur le plan des compétences
professionnelles, la SPG fait entière confiance aux
collègues des services de didactiques et de
pédagogie générale. Elle souhaite pour le
moment garder une marge de liberté et un esprit critique
vis-à-vis de l'utilisation des outils qui seront
construits.